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Si je garde la tête haute c'est car je r'garde la Lune.

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« Quarante ans plus tard, je suis peut-être plus mûr et plus sage. J'ai vécu une autre vie. Pourtant, lorsque mon heure viendra, les images de cette journée seront les dernières à me traverser l'esprit. Je l'aime toujours, vous savez, et je n'ai jamais retiré mon alliance. Depuis tout ce temps, pas une fois je n'en ai éprouvé le désir. J'aspire profondément l'air frais du printemps. Bien que Beaufort ait autant changé que moi, l'air y est resté le même, celui de mon enfance, celui de mes dix-sept ans. Quand je le laisse s'échapper de mes poumons, je retrouve mes cinquante-sept ans, mais ce n'est pas grave. Je souris légèrement, songeur, le regard tourné vers le ciel ; il y a encore une chose que je ne vous ai pas dite : maintenant, je crois aux miracles. »
- Nicholas Sparks | A tout jamais
« Et moi aussi, j’ai voulu être. Je n’ai même voulu que cela, voilà le fin mot de l’histoire. […] Ça pourrait même faire un apologue : il y avait un pauvre type qui s’était trompé de monde. Il existait, comme les autres gens, dans le monde des jardins publics, des bistrots, des villes commerçantes et il voulait se persuader qu’il vivait ailleurs, derrière la toile des tableaux, avec les doges du Tintoret, avec les graves Florentins de Gozzoli, derrière les pages des livres, avec Fabrice del Dongo et Julien Sorel, derrière les disques de photo, avec les longues plaintes sèches du jazz. Et puis, après avoir bien fait l’imbécile, il a compris, il a ouvert les yeux, il a vu qu’il y avait maldonne : il était dans un bistrot, justement, devant un verre de bière tiède. »
- Jean-Paul Sartre | La nausée

I am the light coursing in the soul of the Moon.
« Ainsi la vie humaine est un grand lac qui dort 
 Plein, sous le masque froid des ondes déployées, 
 De blonds rêves déçus, d'illusions noyées
 Où l'Espoir vainement mire ses astres d'or. »
- Emile Nelligan | Le Lac
« Il lui demanda ce qu'elle voulait boire. Son choix serait déterminant. Il pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m'en vais. On n'avait pas le droit de boire un déca à ce genre de rendez-vous. C'est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n'est guère mieux. À peine rencontrés et déjà s'installe une sorte de cocon un peu mou. On sent qu'on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Oui, le thé c'est incontestablement une ambiance de belle-famille. Alors quoi? De l'alcool? Non, ce n'est pas bien à cette heure-ci. On pourrait avoir peur d'une femme qui se met à boire comme ça, d'un coup. Même un verre de vin rouge ne passerait pas. François continuait d'attendre qu'elle choisisse ce qu'elle allait boire, et il poursuivait ainsi son analyse liquide de la première impression féminine. Que restait-il maintenant? Le Coca-Cola ou autre type de soda... non, pas possible, cela ne faisait pas du tout femme. Autant demander une paille aussi, tant qu'elle y était. Finalement, il se dit qu'un jus, ça serait bien. Oui, un jus, c'est sympathique. C'est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l'orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Non, le mieux, c'est de choisir un entre-deux, comme l'abricot. Voilà, c'est ça. Le jus d'abricot, c'est parfait. Si elle choisit ça, je l'épouse... 
- Je vais prendre un jus... Un jus d'abricot, je crois, répondit Nathalie. Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité. » 
- David Foenkinos, La Délicatesse
« Les hommes disent : "Une vie de chien." Ils croient que les animaux sont humiliés et malheureux. Mais j'avais bien observé les animaux et je savais que les hommes se trompent, car jamais une fourmi ne s'arrête pour soupirer que la vie ne vaut pas la peine, et jamais un âne ne se dit : "Comme je suis vexé d'être âne." Et quant aux plantes, elles sont si fières d'être ce qu'elles sont, qu'elles ne disent rien à personne. 
[...] Nous, nous sommes malheureux parce que nous ne sommes pas du tout contents d'être ce que nous sommes, sans non plus savoir ce que nous voudrions être. » 
- Luc Dietrich | Le Bonheur des tristes
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