https://journals.openedition.org/cedref/613

Il est utopique d’aspirer à un corps de femme noire qui ne serait pas colonisé. C’est le faux espoir nourri par la prétendue histoire de Sappho Clark. 
Les féministes noires comprirent que la lutte devait se placer sur le terrain des victimes de la première vague de colonisation : rédemption, récupération et réhabilitation devaient caractériser cette lutte – et non pas, en fin de compte, une vision utopique débridée.
Il n’était pas possible pour Sappho de nier l’existence de la Mabelle violée mais, au lieu de cela, il lui fallait faire corps avec le moi colonisé. Ainsi, ces féministes noires élargirent les limites des idéologies conventionnelles des femmes afin d’envisager des relations subversives entre les femmes – maternité en dehors du mariage, mariage en tant que partenariat établi en dehors d’un échange économique entre hommes - et les hommes en tant que partenaires et non pas en tant que pères patriarcaux. 

Comme l’ont affirmé DuBois et Gordon de façon si convaincante, nous disposons de « 150 ans de théorie féministe et de praxis dans le domaine de la sexualité. Il s’agit d’une ressource trop précieuse pour la gaspiller en ne l’étudiant pas, dans toute sa complexité »

Mais dans ce cas, étudions-la dans son intégralité, pas seulement dans sa complexité mais aussi dans sa différence pour ainsi nous tenir à nouveau à « l’orée de l’ère de la femme » 
– une ère qui puisse englober toutes les femmes.