"L'usage de l'expression « harcèlement de rue » pour désigner l'objectification sexuelle d'une femme dans l'espace public est parfois critiqué, dans la mesure où il renvoie à quelque chose de plus précis que ne le laisse a priori supposer la formule. 
En effet, si l'on s'en tient au sens littéral, « harcèlement de rue » pourrait également englober des pratiques autres que sexuelles (par exemple la mendicité agressive) et vécues par d'autres types de personnes que des femmes. D'une manière générale, son usage médiatique et sur Internet mêle les thématiques du sexisme et de l'insécurité. 

Le terme « harcèlement » est aussi discuté, dans la mesure où le caractère répétitif que contient l'idée n'implique pas nécessairement ici un acteur unique : on peut désigner par « harcèlement de rue » l'accumulation d'actes (verbaux ou physiques) isolés d'objectification sexuelle, que peut subir une même femme lors de son passage dans l'espace public.
 Ces actes peuvent provenir d'un comme de plusieurs individus, croisés simultanément ou successivement. Dans ce cas, qui est coupable de « harcèlement » ? 
L'étudiante en anthropologie Stéphanie Khoury parle d'un phénomène anonyme de « harcèlement-marathon » :
 « cela se passe comme si tous les hommes qui harcèlent une même femme en une journée se passent le relais. »

 Pour pallier ces ambiguïtés, des chercheuses travaillent avec d'autres terminologies. La chercheuse Marylène Lieber parle par exemple de « harcèlement ordinaire ». 
Ce concept permet de se distancier de la dimension spatiale, il permet également de limiter l'ambiguïté du terme « harcèlement » en mettant l'accent non sur la régularité mais sur la normalisation de l'interpellation. Elle compare le harcèlement sexuel dans l'espace public à un "rappel à l'ordre sexuel" 

 "La dénonciation de la fréquence du harcèlement sexuel qui aurait cours dans l'espace public peut susciter incrédulité voire hostilité dans l'opinion. 
 Certains doutent de l'ampleur du phénomène. 

Des spécialistes américains travaillant dans la filiation de George Gerbner en cultivation theory (c'est-à-dire dans l'étude de l'exposition à long terme aux médias) suggèrent qu'une certaine médiatisation de cas de harcèlement de rue puisse alimenter un mean world syndrome, c'est-à-dire la perception que le monde serait plus violent et hostile qu'il ne l'est en réalité, et voient comme facteur du succès du thème l'activation du stéréotype culturel de la demoiselle en détresse. 
 Sans se positionner sur la véracité de ce qui est dénoncé, Jana Raver impute à la dénonciation l'effet pervers d'entretenir l'idée que les femmes sont en soi des créatures fragiles qui doivent être protégées, tandis que la féministe pro-sexe Jane Gallop y voit une inclination à la censure envers toute expression de type sexuel dans la société"