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“Agis de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen.” Fondements, Emmanuel Kant

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"La vie humaine est un songe : d'autres l'ont dit avant moi, mais cette idée me suit partout. Quand je considère les bornes étroites dans lesquelles sont circonscrites les facultés de l'homme, son activité et son intelligence ; quand je vois que nous épuisons toutes nos forces à satisfaire des besoins, et que ces besoins ne tendent qu'à prolonger notre misérable existence ; que notre tranquillité sur bien des questions n'est qu'une résignation fondée sur des chimères, semblable à celle de prisonniers qui auraient couvert de peintures variées et de riantes perspectives les murs de leur cachot ; tout cela, mon ami, me rend muet. Je rentre en moi-même, et j'y trouve un monde, mais plutôt en pressentiments et en sombres désirs qu'en réalité et en action ; et alors tout s'embrouille devant moi, et, perdu dans mes rêves, je poursuis en souriant ma route dans le monde.
Que les enfants ne connaissent pas les causes de leurs désirs, c'est ce que tous les pédagogues ne cessent de répéter ; mais que les hommes faits soient de grands enfants qui se traînent en chancelant sur ce globe, sans savoir non plus d'où ils viennent et où ils vont ; qu'ils n'aient point de but plus certain dans leurs actions, et qu'on les gouverne de même avec du biscuit, des gâteaux et des coups de bâton, c'est ce que personne ne voudra croire ; et, à mon avis, il n'est point de vérité plus palpable." (22 mai), Les Souffrances du jeune Werther, Johann Wolfgang Goethe
"Une chose encore, c'est ce qu'il fait plus de cas de mon esprit et de mes talents que de ce cœur qui fait ma seule fierté et qui est seul la source de tout, de toute force, de tout bonheur et de toute misère. Ah ! ce que je sais, tout le monde peut le savoir - mais mon cœur n'est qu'à moi." (9 mai), Les Souffrances du jeune Werther, Johann Wolfgang Goethe
"Nous pouvons définir le choc du futur comme le délabrement à la fois physique et psychologique provoqué par une trop grande fatigue des systèmes d’adaptation physique de l’organisme humain et un trop grand recours aux processus de prise de décisions. De façon plus simple, le choc du futur, c’est la réaction à la surstimulation." Le choc du futur, Alvin Toffler
Frédéric Bazille
Forêt de Fontainebleau
"En général, voici comment les choses se déroulent. L'enseignant est debout devant sa classe et pose une question. Six à dix élèves s'agitent sur leurs sièges et lèvent le doigt pour attirer l'attention du professeur, pressés d'être interrogés, ce qui leur donnera l'occasion de montrer leur science. Plusieurs autres restent tranquilles, les yeux baissés, s'efforçant de devenir invisibles. Lorsque l'enseignant interroge un élève, on voit la déception et le désarroi se peindre sur le visage des premiers, qui perdent l'occasion d'être approuvés par l'enseignant ; et le soulagement sur le visage des seconds, qui ne connaissent pas la réponse... Ce jeu se fait dans une compétition féroce, et l'enjeu est très élevé, car les enfants y jouent l'estime de l'une des deux ou trois personnes qui comptent dans leur vie. De plus, avec cette méthode d'enseignement, on est sûr que les enfants n'apprennent pas à s'apprécier et se comprendre entre eux. Rappelez-vous vos propres souvenirs. Si vous connaissiez la réponse et que l'enseignant ait interrogé un autre élève, vous espériez probablement que celui-ci se trompe, pour vous permettre de montrer vos propres connaissances. Si vous étiez interrogé et ne saviez pas répondre correctement, ou si vous ne leviez même pas le doigt pour prendre part à la compétition, vous éprouviez de l'envie et même de la rancune envers vos camarades qui connaissaient la réponse. Les enfants qui subissent l'échec dans ce système deviennent jaloux des succès des autres qu'ils attribuent au favoritisme de l'enseignant, ou même, qu'ils compensent par des brutalités dans la cour de récréation. Les bons élèves, pour leur part, méprisent souvent les mauvais, qu'ils jugent bêtes. Ce processus de compétition n'encourage pas les enfants à voir leurs camarades d'un œil amical et bienveillant." Influence et Manipulation, Robert Cialdini
"Ne cherche pas à ce que ce qui arrive arrive comme tu le veux, mais veuille que ce qui arrive arrive comme il arrive et tu seras heureux." Manuel, Epictècte
Charles Filiger
Notations chromatiques
"Comme quatre-vingt-quinze pour cent des gens sont par nature des imitateurs, et seulement cinq pour cent des innovateurs, les gens sont plus facilement persuadés par les actions de leurs semblables que par tout autre argument que nous pouvons leur donner." Cavett Robert
"Nous rencontrerons toujours des individus authentiquement généreux, aussi bien que des gens qui s'efforceront de faire jouer honnêtement la réciprocité, sans chercher à exploiter leur partenaire. Ces personnes se sentiront sans aucun doute insultées si l'on repousse toutes leurs tentatives. Il pourrait bien en résulter des tensions, et un isolement néfaste. Une politique de refus généralisé ne semble donc pas à conseiller.
Une autre solution semble plus viable. Il suffit d'accepter les offres initiales qui nous sont faites quand elles sont avantageuses, mais de ne les accepter que pour ce qu'elles sont, non pour ce qu'elles prétendent être. Si quelqu'un nous fait une faveur, par exemple, nous pouvons accepter en sachant que nous nous obligeons à rendre la pareille à l'occasion. S'engager dans cette sorte de pacte avec une autre personne ne signifie pas pour autant se faire exploiter par elle sous couvert de réciprocité. Bien au contraire : c'est participer honorablement au réseau d'obligations mutuelles qui nous a si bien servi, à tous et à chacun, depuis les origines de l'humanité. Cependant, si la faveur initiale s'avère n'être qu'un stratagème, une ruse, un artifice destiné tout spécialement à nous faire consentir une faveur plus grande encore, la situation n'est plus la même. Notre partenaire n'est plus un partenaire honnête, c'est un profiteur. Et c'est là que nous devons répondre à cette action précisément dans les mêmes termes. Lorsque nous sommes sûrs que l'offre initiale n'était pas un geste authentique, mais une tactique de persuasion, il nous suffit de réagir en conséquence pour nous libérer de son influence. A partir du moment où nous redéfinissons l'attitude de notre partenaire et où nous la considérons comme un moyen de persuasion, le principe de réciprocité ne joue plus contre nous : la règle dit en effet qu'il faut répondre à un présent par un autre présent ; elle ne dit pas qu'il faille aussi répondre par un présent à un geste calculé." Influence et manipulation, Robert Cialdini
Gustave Moreau
Galatée
"La science doit nous permettre de mieux comprendre comment la nature fonctionne, comment ça marche, quelles sont, pour ce qui concerne l'écologie, les interrelations entre l'ensemble des êtres vivants, indépendamment de toute croyance. Ma foi, elle, répond aux questions ultimes, aux causes premières et aux fins dernières, sur lesquelles la science n'a pas de discours à tenir - elle n'en tient d'ailleurs pas. Je crois que si, de nos jours, neuf personnes sur dix sont paumées, c'est parce que cette réflexion n'a pas pénétré les opinions. Beaucoup de gens n'y comprennent plus rien. Ils ne savent plus s'il faut croire ce que disent les scientifiques ou ce que disent les curés. Les curés n'ont pas suffisamment fait la révolution copernicienne qui consiste à s'exprimer comme je le fais - je parle de la base, de ce qui est enseigné aux enfants, pas des élites de la théologie. Quant aux scientifiques, ils pensent qu'en dehors de l'objet de leur science, il n'existe rien, comme si le matérialisme était dans la nature des choses et que tout autre vision du monde était obscurantiste et dépassée." « Entretien avec Jean-Marie Pelt », Le Monde s'est-il créé tout seul ?, Patrice Van Eersel
"C'est toute la bagarre entre le créationnisme et le darwinisme. Pour moi, la Bible n'est pas un livre scientifique. C'est un livre qui « fait sens ». Quand on lit un texte comme celui-là, on se trouve un peu dans la situation de quelqu'un qui lit une fable de La Fontaine. Il sait bien que les animaux ne parlent pas entre eux. Il ne nous viendrait pas à l'idée de prendre cette histoire à la lettre. En revanche, à la fin de la fable, il y a une morale : « On a toujours besoin d'un plus petit que soi » ; « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute » ; et après avoir entendu La Cigale et la Fourmi, on comprend qu'en été, quand il y a des moissons, il vaut mieux travailler que chanter et laisser dépérir la récolte. Dans ma lecture de la Bible, c'est ce sens qui m'intéresse. Je suis donc aux antipodes des créationnistes, qui sont des adultes demeurés en enfance." «  Entretien avec Jean-Marie Pelt », Le Monde s'est-il créé tout seul ?, Patrice Van Eersel
"Causalité et finalité, déterminisme et finalisme, matérialisme et spiritualisme sont des alternatives irréductibles parce qu'elles se réfèrent à un seul sens de l'écoulement du temps, celui de l'horloge, de l'entropie croissante, de la désorganisation de l'univers décrite par le second principe de la thermodynamique. Mais force est de remarquer qu'il existe une évolution apparemment opposée, qui va vers l'accroissement de la complexité, la production de nouveauté, tout aussi constatables dans la nature que dans la société. Faut-il pour autant en déduire que cela répond à un plan préétabli ?
Je suis beaucoup plus empirique et pragmatique, à l'anglo-saxonne, et je constate que l'activité humaine, surtout aujourd'hui, accroît la complexité de façon telle que ce flux de création d'information de plus en plus intense s'oppose désormais à la dégradation entropique. Je pense que nous sommes dans un système que nous commençons à peine à comprendre et à déchiffrer, livré à un processus que j'ai appelé, dans mon livre L'Homme symbiotique, l'« évolution symbionomique » - j'ai trouvé ce néologisme plus pratique et plus court que « Théorie générale de l'auto-organisation et de la dynamique des systèmes complexes » ! [...] L'évolution donne à beaucoup l'impression que tout a été créé volontairement, qu'une intelligence suprême a produit ce que nous sommes. En réalité, nous sommes le résultat de beaucoup de hasards, de chaos, d'amplifications, de bifurcations et de structures dissipatives successives. Tout celui conduit à un pattern, à une forme émergeante, que nous analysons après coup et que, rétrospectivement, par dérive anthropomorphique, nous associons à une impressionnante cascade de causalités qui nous semblent intentionnelles. Mais c'est une illusion." « Entretien avec Joël de Rosnay », Le Monde s'est-il créé tout seul ?, Patrice Van Eersel
"Ne pourrait-on pas faire des projets, par exemple pour faire reculer l'emprise de l'économie, promouvoir une société humaine sans économie, sans la notion de valeur monétaire, sans compétition - remplacée par l'émulation ? Cela exige de définir un certain nombre de droits, le droit à l'information, qui me permet de dire beaucoup de mal de la télévision ; le droit à la paix, qui me permet de dire du mal de gens qu'on ne va pas nommer ; le droit au logement, le droit aux soins... J'envisage non pas une mondialisation, mais une planétarisation du système sanitaire. Dès qu'un humain est malade, que ce soit du sida dans la brousse ou d'une grippe à Paris, il a droit à des soins, le fait d'être malade l'emportant sur le fait d'être ceci ou cela, ici ou ailleurs." « Entretien avec Albert Jacquard », Le Monde s'est-il créé tout seul ?, Patrice Van Eersel
"La démonstration de Bertrand Russell sur l'impossibilité de se référer à un ensemble de tous les ensembles a provoqué une remise en cause de toute la logique mathématique, qui a abouti en 1932 au théorème de Kurt Gödel disant qu'aucune théorie, même la plus simple comme l'arithmétique, ne peut être complète. Elle contient toujours une définition ou une affirmation dont vous ne pourrez démontrer ni qu'elle est vraie ni qu'elle est fausse." « Entretien avec Albert Jacquard », Le Monde s'est-il créé tout seul ?, Patrice Van Eersel
"Révoltons-nous contre l'ignorance, l'indifférence, la cruauté, qui d'ailleurs ne s'exercent si souvent contre l'homme que parce qu'elles se sont fait la main sur les bêtes. Rappelons-nous, puisqu'il faut toujours tout ramener à nous-mêmes, qu'il y aurait moins d'enfants martyrs s'il y avait moins d'animaux torturés, moins de wagons plombés emmenant à la mort les victimes de quelconques dictatures si nous n'avions pas pris l'habitude de fourgons où des bêtes agonisent sans nourriture et sans eau en route vers l'abattoir, moins de gibier humain descendu d'un coup de feu si le goût et l'habitude de tuer n'étaient l'apanage des chasseurs." Le Temps, ce grand sculpteur, Marguerite Yourcenar
"Une compassion sans bornes qui nous unit avec tous les êtres vivants, voilà le plus solide, le plus sûr garant de la moralité." Le Fondement de la morale, Arthur Schopenhauer
"Cette théorisation s'est d'abord faite dans le contexte religieux nouveau lié à la sédentarisation et à cette première rupture de l'être humain avec la nature. C'est ce que le sociologue allemand Max Weber a appelé « le désenchantement du monde » : pour l'homme post-néolithique des sociétés antiques, le monde perd peu à peu son « aura magique ». En trouvant des explications rationnelles des phénomènes naturels, l'homme se dissocie de la nature qui cesse d'être un monde vivant, enchanté, une mère nourricière dont le cordon ombilical ne se coupe jamais pour devenir une réalité distincte, distanciée, riche d'une matière manipulable, de ressources exploitables, d'une vie domesticable." Lettre ouverte aux animaux (et à ceux qui les aiment), Frédéric Lenoir
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