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“Agis de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen.” Fondements, Emmanuel Kant

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"Moi qu'un petit enfant rend tout à fait stupide,
J'en ai deux ; Georges et Jeanne ; et je prends l'un pour guide
Et l'autre pour lumière, et j'accours à leur voix,
Vu que George a deux ans et que Jeanne a dix mois,
Leurs essais d'exister sont divinement gauches ;
On croit, dans leur parole où tremblent des ébauches,
Voir un reste de ciel qui se dissipe et fuit ;
Et moi qui suis le soir, et moi qui suis la nuit,
Moi dont le destin pâle et froid se décolore,
J'ai l'attendrissement de dire : Ils sont l'aurore.
Leur dialogue obscure m'ouvre des horizons ;
Ils s'entendent entr' eux, se donnent leurs raisons.
Jugez comme cela disperse mes pensée.
En moi, désirs, projets, les choses insensées,
Les choses sages, tout, à leur tendre lueur,
Tombe, et je ne suis plus qu'un bonhomme rêveur.
Je ne sens plus la trouble et secrète secousse
Du mal qui nous attire et du sort qui nous pousse.
Les enfants chancelants sont nos meilleurs appuis.
Je les regarde, et puis je les écoute, et puis
Je suis bon, et mon cœur s'apaise en leur présence ;
J'accepte les conseils sacrés de l'innocence,
Je fus toute ma vie ainsi : je n'ai jamais
Rien connu, dans les deuils comme sur les sommets,
De plus doux que l'oubli qui nous envahit l'âme
Devant les êtres purs d'où monte une humble flamme ;
Je contemple, en nos temps souvent noirs et ternis,
Ce point du jour qui sort des berceaux et des nids."
L'art d'être grand-père, Victor Hugo

"Je n'approuve que ceux qui cherchent en gémissant." Blaise Pascal
"Il y a dans les souvenirs de chacun des choses qu'il ne révèle pas à tout le monde, mais seulement à des amis. Il y a des choses qu'il ne révèlera pas même à ses amis, mais seulement à sa propre conscience, et encore - sous le sceau du secret. Et il y a enfin des choses que les hommes craindront de révéler même à leur propre conscience, et ces choses, même chez les hommes les meilleurs, il y en a une quantité qui s'accumule. On pourrait l’énoncer ainsi : plus les hommes sont honnêtes, plus il y en a. Au moins, moi-même, n’ai-je décidé que récemment de me rappeler certaines de mes aventures – jusqu’à présent, je les avais toujours contournées, avec, même, une inquiétude bien réelle. Maintenant, non seulement je me les rappelle mais j'ai encore décidé de les écrire, et c'est cela que je veux essayer : est-il possible d'être entièrement sincère - ne fût-ce qu'avec sa propre conscience - et d'affronter toute la vérité ? Une parenthèse : Heine affirme que les autobiographies fidèles sont presque impossibles car il est presque sûr qu'on se mentira à soi-même. Il pense, par exemple, que Rousseau a menti dans sa confession, et qu'il a même menti sciemment, par vanité. Je suis sûr que Heine a raison ; je comprends très bien qu'on puisse s’accuser de tous les péchés du monde par simple vanité, et je conçois parfaitement quel genre de vanité cela peut être." Les Carnets du sous-sol, Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski
"L’éthique, c’est agir en pensant à ceux qui ne peuvent ni vous punir, ni vous récompenser" Paul Dembinski
"Un homme passionné ne pense qu'à soi, un homme qui veut de la considération ne pense qu'à autrui." De l'Amour, Stendhal
"La dissemblance entre la naissance de l'amour chez les deux sexes doit provenir de la nature de l'espérance qui n'est pas la même. L'un attaque et l'autre défend ; l'un demande et l'autre refuse, l'un est hardi, l'autre très timide.
L'homme se dit : « Pourrais-je lui plaire ? voudra-t-elle m'aimer ? »
La femme : « N'est-ce point par jeu qu'il me dit qu'il m'aime ? est-ce un caractère solide ? peut-il se répondre à soi-même de la durée de ses sentiments ? » C'est ainsi que beaucoup de femmes regardent et traitent comme un enfant un jeune homme de vingt-trois ans ; s'il a fait six campagnes, tout change pour lui, c'est un jeune héros." De l'Amour, Stendhal
"L'excès de la pudeur et sa sévérité découragent d'aimer les âmes tendres et timides*, justement celles qui sont faites pour donner et sentir les délices de l'amour.
Chez les femmes tendres qui n'ont pas eu plusieurs amants, la pudeur est un obstacle à l'aisance des manières, c'est ce qui les expose à se laisser un peu mener par leurs amies qui n'ont pas le même manque à se reprocher. Elles donnent de l'attention à chaque cas particulier, au lieu de s'en remettre aveuglément à l'habitude. 
*Le tempérament mélancolique, que l'on peut appeler le tempérament de l'amour. J'ai vu les femmes les plus distingués et les plus faites pour aimer donner la préférence, faute d'esprit, au prosaïque tempérament sanguin. " De l'Amour, Stendhal
"So we flock to performers by the thousands because we’re the few that have found an audience, and then I’m supposed to get up here and say ‘Follow your dreams,’ as if this is a meritocracy? It is not. I had a privileged life. And I got lucky. And I’m unhappy." Bo Burnham
"Aimer, c'est avoir du plaisir à voir, toucher, sentir par tous les sens, et d'aussi près que possible un objet aimable et qui nous aime." De l'Amour, Stendhal
"Tout homme qui, ne serait-ce que parfois le soit en s'endormant, a tenté de pénétrer l'obscurité de son inconscient, sait qu'il a vécu pour lui-même. Ceux qui ne peuvent trouver leur plaisir dans le monde de la dominance et qui, drogués, poètes ou psychotiques, appareillent pour celui de l'imaginaire, dont encore la même chose.
Alors, le contact humain, la chaleur humaine, qu'en faites-vous ?
- Ce que les hommes ont à communiquer entre eux, la science et l'art, ils ont bien des moyen d'en faire l'échange. J'ai reçu d'eux plus de choses par le livre que par la poignée de main. Le livre m'a fait connaître le meilleur d'eux-mêmes, ce qui les prolonge à travers l'Histoire, la trace qu'ils laissent derrière eux.
Mais combien d'hommes ne laissent pas de trace écrite et qu'il serait enrichissant de connaître ? Ceux qui souffrent et travaillent n'ont point le temps d'écrire.
- Oui, mais est-on sûr que la prise de contact avec ceux-là est empreinte du seul souci de la connaissance et de la participation au transport de leur croix ? Le paternalisme, le narcissisme, la recherche de la dominance, savent prendre tous les visages. Dans le contact avec l'autre on est toujours deux. Si l'autre vous cherche, ce n'est pas souvent pour vous trouver, mais pour se trouver lui-même, et ce que vous cherchez chez l'autre c'est encore vous. Vous ne pouvez pas sortir du sillon que votre niche environnementale a gravé dans la cire vierge de votre mémoire depuis sa naissance au monde de l'inconscient. Puis-je dire qu'il m'a été donné parfois d'observer de ces hommes qui, tant en paroles qu'en actions, semblent entièrement dévoués au sacrifice, mais que leurs motivations inconscientes m'ont toujours paru suspectes. Et puis certains, dont je suis, en ont un jour assez de ne connaître l'autre que dans la lutte pour la promotion sociale et la recherche de dominance. Dans notre monde, ce ne sont pas des hommes que vous rencontrez le plus souvent, mais des agents de production, des professionnels. Ils ne voient pas non plus en vous l'Homme, mais le concurrent, et dès que vitre espace gratifiant entre en interaction avec le leur, ils vont tenter de prendre le dessus, de vous soumettre." « L'amour », Éloge de la fuite, Henri Laborit
"Il y a peut-être une autre façon encore : fuir dans un monde qui n'est pas de ce monde, le monde de l'imaginaire. Dans ce monde on risque peu d'être poursuivi. On peut s'y tailler un vaste territoire gratifiant, que certains diront narcissique. Peu importe, car dans le monde où règne le principe de réalité, la soumission et la révolte, la dominance et me conservatisme auront perdu pour le fuyard leur caractère anxiogène et ne seront plus considérés que comme un jeu auquel on peu, sans crainte, participer de façon à se faire accepter par les autres comme « normal ». Dans ce monde de la réalité, il est possible de jouer jusqu'au bord de la rupture avec le groupe dominant, et de fuir en établissant des relations avec d'autres groupes si nécessaire, et en gardant intacte sa gratification imaginaire, la seule qui soit essentielle et hors d'atteinte des groupes sociaux." « Autoportrait », Éloge de la fuite, Henri Laborit
"La vraie famille de l'Homme, ce sont ses idées, et la matière et l'énergie qui leur servent de support et les transportent, ce sont les systèmes nerveux de tous les hommes qui à travers les âges se trouveront  « informés » par elles. Alors, notre chair peut bien mourrir, l'information demeure, véhiculée pae la chair de ceux qui l'ont accueillie et la transmettent en l'enrichissant, de génération en génération."  « La Mort  », Éloge de la fuite, Henri Laborit
"I knew who I was this morning but I've changed a few times since then." Alice's adventures in Wonderland & Through the looking-glass, Lewis Caroll
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