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“Agis de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen.” Fondements, Emmanuel Kant

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La Rose de Saturne
(Cassini (infrarouge), novembre 2012)
"Comment peut-on être bien portant ... quand on souffre moralement ? Peut-on de nos jours garder son calme quand on a du cœur ?" La Guerre et la Paix, Lev Nikolaïevitch Tolstoï
"Intime et transparente, au dedans de laquelle il voyait se mouvoir confusément des pensées riantes, des images tendres, vagues, indécises. Il resta longtemps plongé dans la béatitude de l'extase et se laissant enivrer par tout cela, laissant son âme humer par tous ses pores l' harmonie et les délices de ce ciel diaphane, si large et si pur ; de cette campagne, avec ses herbes courbées par la brise embaumante, avec les fleurs balançant leurs calices et laissant échapper le parfum qui s'envole ; de cette onde de lait murmurante et douce dans les roseaux, avec ces cygnes dont le pied bat mollement les flots endormis, qui viennent mouiller d'un baiser tout fumant le sable doré et jonché de coquilles blanches. Son âme se déployait et nageait à l'aise, elle étendait ses ailes et planait au milieu de cette création, toute ivre de parfums, toute dormeuse et nonchalante, comme une sultane sur des lits de roses. On sentait que la terre toute tiède grandissait en beauté dans son sommeil. Voilà que les ondes s' arrêtent et semblent une lame d'argent qui est demeurée sur l'herbe, les joncs se taisent, les fleurs s' ouvrent, la nuit devient encore plus transparente, plus longue, plus voluptueuse ; et tandis que Smarh restait là, on voit s'élever, sortir, apparaître et s'enfuir, parmi la clarté douteuse, comme des ombres qui passent. De vagues formes de femmes nues, blanches, venaient autour de lui, marchant avec leurs pieds nus sur le tapis vert et frais ; elles l'entouraient, le regardaient, l'appelaient, puis elles s'en allaient bien vite, bien vite, en courant ; les unes se courbaient jusqu'à terre, et l'on voyait leur dos blanc, tout couvert de cheveux noirs, se plier avec un mouvement de fleur sous la brise ; les autres s'étendaient sur ses genoux, et leur tête retombait par terre et laissait voir leur gorge palpitante et brune ; elles étaient vives, folâtres, errantes, douteuses." Smarh, Gustave Flaubert
"Quand j'eus l'honneur de le voir [Émile Zola], pendant son exil dans ces environs de Londres, où il s'était remis au travail, il me dit : « Je ne me plains pas de l'épreuve. Elle m'a révélé la vanité de bien des choses auxquelles je tenais trop, le néant de certaines glorioles littéraires. Je pressens des temps nouveaux. Je sens monter des étoiles nouvelles. »
Elles montaient dans le soir d'une vie assombrie par l'épreuve, par l'injustice des hommes, par l'ombre de l'exil, mais qui gardait encore une profonde rumeur d'action. Elles rayonnaient d'une force invincible sur son œuvre vaste et mêlée, sur son expérience confuse et tragique, comme ces étoiles qui se lèvent d'une douceur souveraine sur la Paris nocturne, énorme et tumultueux encore, fangeux et splendide, tout plein de rêve, et dont les nuits étranges, mêlées de frissons sublimes et de spasmes abjects, de lueurs sidérales et de reflets boueux, semblent méditer de surprenantes aurores, où toutes les âmes se laveront, les unes de leur boue, les autres de leur orgueil, dans une même lumière, dans la même fraîcheur matinale du monde renouvelé.
Ce ne sera pas la victoire d'un idéalisme timide et partiel procédant par sélection ; ce ne sera pas l'étroite libératrice d'une élite : ce sera l'affranchissement de toute l'humanité, avouant et étalant ses misères, ses haillons ses bouge, et trouvant enfin, dans cet énergétique aveu de soi-même, la force de se libérer, d'appeler sur tous la science et le bonheur.
En ce rêve, incomplet sans doute et qui ne comprend pas tout l'homme, mais qui dépasse infiniment les horizons prochains du socialisme même, la pensée de Zola s'élargissait. Et tout ce qu'il y avait d'idéalisme latent dans son naturalisme outrancier se dégageait. C'est cette force sublime d'espérance, palpitant dans la grossièreté même de la vie, qui va tout à l'heure entrer au Panthéon." « Vers l'avenir », L'Humanité, Jean Jaurès
NGC 6543 (Cat's Eye Nebula) dans la Constellation du Dragon
(Hubble, mars 2008)
"La découverte du Pr Adjemian va bien plus loin encore. Elle démontre que ce ne sont pas obligatoirement de grands courants qui traversent les espèces. Il suffit parfois de la volonté d'un seul individu pour induire le changement. [...] Un seul être est capable de modifier le comportement de tout le troupeau, et donc l'histoire de toute son espèce. [...] Contrairement à ce que l'on pense d'ordinaire, je crois qu'un presque rien peut avoir beaucoup d'effet. Une goutte d'eau peut faire déborder l'océan." Le Père de nos pères, Bernard Werber
"C'est du sort de toute l'humanité et même tout ce qui vit sur cette planète qu'il s'agit. Il est grand temps de réfléchir non plus en tant qu'électeurs ou consommateurs mais en êtres vivants intégrés à tout un ensemble beaucoup plus vaste. Oui, j'espère qu'un jour nous entrerons en harmonie avec le monde qui nous entoure. « Homéostasie », tel est le terme exact : équilibre entre le milieu intérieur et le milieu extérieur, équilibre entre l'espèce humaine et toutes les autres formes de vies existantes. [...] Nous serons alors capables d'entrer en empathie avec toutes les formes de vie terrestres. Toutes seront nos partenaires et, avec elles toutes, nous construirons un monde meilleur." Le Père de nos pères, Bernard Werber
"De belles paroles ne peuvent à elles seules changer le monde." Code Geass
"La traduction faite par [Alan] Turing du théorème de Gödel est que tout algorithme conçu pour résoudre une question suffisamment générale est condamné soit à faire des erreurs, soit à ne jamais s'arrêter." « Le Pouvoir des mathématiques : Pourquoi elles sont toujours indispensables » (Novembre 2009), La Recherche, Jean-Yves Girard
"Je détermine l'authentique valeur d'un homme d'après une seule règle : à quel degré et dans quel but l'homme s'est libéré de son Moi ?" Comment je vois le monde, Albert Einstein
"De même que je constate une organisation dans l'univers, je me demande s'il en existe une dans les grandes lignes de la destiné d'un homme, sans qu'il perde pour autant son libre arbitre. Plus j'avance sur le chemin de la vie, plus je me dis que certains événements et rencontres ne pourraient pas être le seul fruit du hasard. [...] Je ne peux m'empêcher de rapprocher l'organisation que je perçois dans ma vie du concept bouddhiste du karma. Selon le bouddhisme, ce qui nous arrive dans cette vie est la conséquence de tous les actes et pensées de nos vies antérieures. C'est une sorte de loi de cause à effet qui relie notre vie actuelle à toutes celles qui ont précédé et à toutes celles qui suivront. Certains épisodes de mon parcours, quand je les revois, me paraissent trop extraordinaires pour que je ne m'émerveille pas devant leur agencement." Le Cosmos et le lotus, Trinh Xuan Thuan
"L'Amérique est un pays d'extrême, on le sait. Elle peut atteindre des sommets d'intelligence, d'ouverture, d'innovation et de créativité - envoyer un homme sur la Lune, développer Internet, inventer le jazz - aussi bien que toucher au tréfonds de la bêtise, de l'ignorance et de la bigoterie. Dans un pays qui possède le plus grand nombre de prix Nobel scientifiques au monde, je suis choqué qu'en 2009, année du 150e anniversaire de L'Origine des espèces de Charles Darwin, seulement 39% des Américains croient en la théorie de l'évolution (25% n'y croient pas et 36% sont sans opinion) selon un sondage Gallup. Plus grave encore, certains défendent férocement une interprétation littérale de la Bible  et croient dur comme fer que le monde et l'homme ont été créés en six jours il y a quelque cinq mille ans. Pour eux, peu importe que les études paléontologiques nous disent que les plus vieux fossiles bactériens datent d'au moins 3,5 milliards d'années, ou que les études astronomiques nous révèlent que l'âge de la Terre est de 4,5 milliards d'années et celui de l'univers de 13,7 milliards d'années. Ils appartiennent à un courant dit « créationniste » ou du « dessein intelligent » (Intelligent Design) qui milite avec hargne et ténacité depuis des décennies pour que la « science de la Création » soit enseignée dans les écoles publiques au même titre que la théorie de l'évolution de Darwin." Le Cosmos et le lotus, Trinh Xuan Thuan
"Pour Platon, le monde changeant, impermanent, éphémère et illusoire, accessible à nos sens, semblable au monde des ombres, n'est qu'une pâle représentation du mondes des Idées. Or le monde des Idées « illuminé par le soleil de l'intelligible », est aussi celui où règnent les relations mathématiques, les structures géométriques parfaites. Pour moi, les lois physiques résident également dans le monde des Idées, d'où leur caractère immuable et permanent." Le Cosmos et le Lotus, Trinh Xuan Thuan
"Un peu plus lentement peut-être mais tout aussi sûrement, les hommes se seraient détruits eux-mêmes en détruisant le monde dans lequel ils vivaient. Ils ne pouvaient pas y échapper. [...] Dès le début de la révolution industrielle, il avait prévu que les hommes seraient gratifiés d'une présomption tellement outrecuidante pour les miracles de leur propre technologie qu'ils ne tarderaient pas à perdre le sens des réalités. Et c'est précisément ce qui est arrivé. Ces misérables esclaves des rouages et des registres se mirent à se féliciter d'être les Vainqueurs de la Nature. Vainqueurs de la Nature, vraiment ! En fait, bien entendu, ils avaient simplement renversé l'équilibre de la Nature et étaient sur le point d'en subir les conséquences. Songez donc à quoi ils se sont occupés au cours du siècle et demi qui a précédé la Chose. A polluer les rivières, à tuer tous les animaux sauvages, au point de les faire disparaître, à détruire les forêts, à délaver la couche superficielle du sol et à la déverser dans la mer, à consumer un océan de pétrole, à gaspiller les minéraux qu'il avait fallu la totalité des époques géologiques pour déposer. Une orgie d'imbécillité criminelle. Et ils ont appelé cela le Progrès. Le Progrès ! [...] Le Progrès - le postulat selon lequel vous pouvez obtenir quelque chose pour rien, selon lequel vous pouvez gagner dans un domaine sans payer ce gain dans un autre, selon lequel vous seul comprenez la signification de l'histoire, vous savez ce qui va arriver d'ici cinquante ans ; que quoi qu'enseigne l'expérience, vous pouvez prévoir toutes les conséquences futures de vos actes actuels ; que l'Utopie est là devant nous, toute proche et, puisque les fins idéales justifient les moyens les plus abominables, qu'il est de votre privilège et de votre devoir de voter, d'escroquer, de torturer, de réduire en esclavage et d'assassiner tous ceux qui à votre avis (lequel est par définition infaillible), font obstacle à la marche en avant vers le paradis terrestre." Temps futurs, Aldous Huxley
"L'évocation du racisme est aussi l'occasion d'une réflexion que les élèves ont rarement entendue, même en Terminale : le piège logique de l'opposition entre « égalité » et « hiérarchie ». Lorsque deux nombres ne sont pas égaux, il est vrai que l'un est supérieur à l'autre, une hiérarchie existe entre eux. Mais lorsque deux ensembles ne sont pas égaux, on peut affirmer qu'ils sont différents, mais affirmer que l'un est supérieur à l'autre nécessite de caractériser chacun par un seul nombre." L'équation du nénuphar, Albert Jacquard
"Always try to see the best in people." The Great Gatsby, Baz Luhrmann
"Vaste et si complexe est le monde, sans cesse en évolution. C'est une énigme, qui nous parle en symboles. Je veux comprendre la langue du monde, en découvrir les signes et en maîtriser la syntaxe.  Ainsi seulement pourrai-je apprendre les principes fondamentaux de la création." The Witcher 3 : Wild hunt
"L'intelligence est l'un des plus grands dons humains. Mais trop souvent, la recherche du savoir chasse la recherche de l'amour. C'est encore une chose que j'ai découverte pour moi-même récemment. Je vous l'offre sous forme d'hypothèse : l'intelligence sans la capacité de donner et de recevoir une affection mène à l'écroulement mental et moral, à la névrose, et peut-être même à la psychose. Et je dis que l'esprit qui n'a d'autre fin qu'un intérêt et une absorption égoïstes en lui-même, à l'exclusion de toute relation humaine, ne peut aboutir qu'à la violence et à la douleur." Des Fleurs pour Algernon, Daniel Keyes
"- Do you think that if you were falling in space you would slow down after a while or go faster and faster ?
- Faster and faster. For a long time you wouldn't feel anything. Then you would burst into fire. Forever.
And the angels wouldn't help you, because they've all gone away.
" Twin Peaks, Fire Walk with me, David Lynch

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