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“Agis de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen.” Fondements, Emmanuel Kant

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"Le corps, toujours orienté vers l'action, a pour fonction essentielle de limiter, en vue de l'action, la vie de l'esprit. Il est par rapport aux représentations un instrument de sélection, et de sélection seulement. Il ne saurait ni engendrer ni occasionner un état intellectuel." Matière et mémoire, Henri Bergson
"Pân i valt law thilia,
Law pain i reviar mistar aen;
Iaur i vell law thinnatha,
Law thynd dyfn na-niss rathar aen.
O lith naur echuiathar aen,
Calad od dúath thuiatha;
"
« Enigme de Grand Pas », Le Seigneur des Anneaux : La Communauté de l'Anneau, John Ronald Reuel Tolkien
"Mais une sourde et douce langueur m'emplissait l'âme, comme la découverte de quelque chose, comme le pressentiment de quelque chose... Mon cœur saisi d'effroi devinait timidement et joyeusement il ne savait quoi, et palpitait d'attente... Et soudain ma poitrine fut ébranlée, frappée comme de quelque chose qui la transperçait, et des larmes, de douces larmes jaillirent de mes yeux. Je me mis le visage dans les mains, et frémissant tout entier comme un brin d'herbe, je m'abandonnai sans force à ma première prise de conscience, à la première révélation de mon cœur, au premier éveil encore incertain de mon être profond... Cet instant fut celui où s'acheva ma première enfance..." Un petit héros, Fiodor Dostoïevski
"Ah ! je n'ai jamais été jalouse de lui. Il ne me quittera pas, je crois. Que devenir ? Il n'a pas une connaissance ; il ne travaillera jamais. Il veut vivre somnambule. Seules, sa bonté et sa charité lui donneraient-elles droit dans le monde réel ? Par instants, j'oublie la pitié où je suis tombée : lui me rendra forte, nous voyagerons, nous chasserons dans les déserts, nous dormirons sur les pavés des villes inconnues, sans soins, sans peines. Ou je me réveillerai, et les lois et les mœurs auront changé, — grâce à son pouvoir magique, — le monde, en restant le même, me laissera à mes désirs, joies, nonchalances. Oh ! la vie d'aventures qui existe dans les livres des enfants, pour me récompenser, j'ai tant souffert, me la donneras-tu ? Il ne peut pas. J'ignore son idéal. Il m'a dit avoir des regrets, des espoirs : cela ne doit pas me regarder." Une saison en enfer, Arthur Rimbaud
"N'ayant presque pas été au théâtre, ni reçu aucun enseignement de la diction, Rimbaud lisait ses vers sans emphase et sans éclat de voix, avec quelque chose de convulsif ainsi qu'un enfant qui raconte un gros chagrin, dans une sorte de hâte, avide, pressé de revivre tout cela. Sa voix nerveuse, encore enfantine, rendait naturellement la vibration et la puissance des mots. Il disait, comme il sentait, comme c'était venu, comme en un jaillissement précipité de sensations violentes" Ernest Delahaye
Frederick Stuart Church
Supremacy
"-Vous croyez que je suis quelqu'un que l'on use avec des cadeaux ?
- Que faut-il donc pour conquérir votre amitié ? Ne rien vous offrir ?
- Ne pas attendre que ce que vous offrez vous rapporte.
"
Celles qu'on prend dans ses bras, Henry de Montherlant

"C'est lourd, vous savez, un amour qu'on n'a pas demandé. On n'a rien fait pour cela, et cela peut vous empoisonner la vie. Cet amour toujours à la même place, et dont la constance exaspère. Ces yeux qui voudraient n'être pas implorants, et qui le sont... Le regard d'un homme qui vous aime, sans cesse posé sur vous, c'est quelque chose d'horrible." Celles qu'on prend dans ses bras, Henry de Montherlant
"Je regarde de plus près : je découvre des mouvements commencés, mais non pas exécutés, d'une décision plus ou moins utile, mais non pas la contrainte qui exclut le choix. J’évoque, je compare mes souvenirs : je me rappelle que partout, dans le monde organisé, j’ai cru voir cette même sensibilité apparaître au moment précis où la nature, ayant conféré à l’être vivant la faculté de se mouvoir dans l’espace, signale à l’espèce, par la sensation, les dangers généraux qui la menacent, et s’en remet aux individus des précautions à prendre pour y échapper. J’interroge enfin ma conscience sur le rôle qu’elle s’attribue dans l’affection : elle répond qu’elle assiste en effet, sous forme de sentiment ou de sensation, à toutes les démarches dont je crois prendre l’initiative, qu’elle s’éclipse et disparaît au contraire dès que mon activité, devenant automatique, déclare ainsi n’avoir plus besoin d’elle. Ou bien donc toutes les apparences sont trompeuses, ou l’acte auquel l’état affectif aboutit n’est pas de ceux qui pourraient rigoureusement se déduire des phéno­mènes antérieurs comme un mouvement d’un mouvement, et dès lors il ajoute véritablement quelque chose de nouveau à l’univers et à son histoire." Matière et mémoire, Henri Bergson
"Une certaine quantité de rêverie est bonne, comme un narcotique à dose discrète. Cela endort les fièvres, quelquefois dures, de l’intelligence en travail, et fait naître dans l’esprit une vapeur molle et fraîche qui corrige les contours trop âpres de la pensée pure, comble çà et là des lacunes et des intervalles, lie les ensembles et estompe les angles des idées. Mais trop de rêverie submerge et noie. Malheur au travailleur par l’esprit qui se laisse tomber tout entier de la pensée dans la rêverie ! Il croit qu’il remontera aisément, et il se dit qu’après tout c’est la même chose. Erreur ! La pensée est le labeur de l’intelligence, la rêverie en est la volupté. Remplacer la pensée par la rêverie, c’est confondre un poison avec une nourriture." Les Misérables, Victor Hugo
"Un petit jardin pour se promener, et l'immensité pour rêver. À ses pieds ce qu'on peut cultiver et cueillir; sur sa tête ce qu'on peut étudier et méditer; quelques fleurs sur la terre et toutes les étoiles dans le ciel." Les Misérables, Victor Hugo
"Il suit de là qu’un absolu ne saurait être donné que dans une intuition, tandis que tout le reste relève de l’analyse. Nous appelons ici intuition la sympathie par laquelle on se transporte à l’intérieur d’un objet pour coïncider avec ce qu’il a d’unique et par conséquent d’inexprimable. Au contraire, l’analyse est l’opération qui ramène l’objet à des éléments déjà connus, c’est-à-dire communs à cet objet et à d’autres. Analyser consiste donc à exprimer une chose en fonction de ce qui n’est pas elle. Toute analyse est ainsi une traduction, un développement en symboles, une représentation prise de points de vue successifs d’où l’on note autant de contacts entre l’objet nouveau, qu’on étudie, et d’autres, que l’on croit déjà connaître. Dans son désir éternellement inassouvi d’embrasser l’objet autour duquel elle est condamnée à tourner, l’analyse multiplie sans fin les points de vue pour compléter la représentation toujours incomplète, varie sans relâche les symboles pour parfaire la traduction toujours imparfaite. Elle se continue donc à l’infini. Mais l’intuition, si elle est possible, est un acte simple." La Pensée et le Mouvant, Henri Bergson
"« Ceux qui ont une âme sombre ne font que des rêves sombres. Ceux qui ont une âme encore plus sombre ne rêvent pas. » Voilà ce qu'avait coutume de répèter ma grand-mère." Écoute le chant du vent, Haruki Murakami
Albert Bierstadt
Among the Sierra Nevada Mountains, California
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