Je voulais te partager mes peurs, t'introduire dans mes cauchemars. Je voulais te mettre dans la cage avec les oiseaux bleus, et te bercer de mes bras gantés jusqu'aux coudes. Tu garderais ton odeur, et ta maman pourrait venir te chercher. Comme pour les autres créatures. Tous ces habitants de la cage. Tous. Étaient d'accord pour avaler mes sanglots, pour s'étouffer entre mes seins. Tous. Bienheureux crédules, jadis, désormais embaumés, avec ce même sourire immobile et vide qu'ont les poupées de cire. Tous.
Mais toi. Toi. Loin des ligatures des porcelaines tristes, loin des étagères sur lesquelles elles trônent en trophée, loin des vitrines de jouets oubliés. Toi. Sur ce radeau en bois de vanille, d'épines de roses, ce radeau fleurissant. Au cœur des eaux, une petite germe pousse.