« Marlon Brando.
Un type originaire du Nebraska, et qui se passionne pour la moto. Adeline m'assure qu'il devrait me plaire.
La film s'appelle C'étaient des hommes. Un bon titre. L'histoire de mutilés de guerre. Pas le genre rigolo, si vous voyez ce que je veux dire. A la sortie, je suis sous le choc. Ça me demande plusieurs minutes avant de me réhabituer au monde extérieur. Le film est émouvant, bien sûr. On n'en sort pas indemne. Mais c'est autre chose. C'est lui. Le type. Brando.
Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi habité, d'aussi intense. Pour sûr, ça a à voir avec sa présence physique. Il en impose, il dégage un truc presque animal. Et ce n'est pas seulement une question de beauté, il possède quelque chose en plus. Comme une féminité brutale, je ne peux pas mieux dire. Une féminité brutale.
On a l'impression que tout ce qu'il fait est naturel, spontané, que son jeu est brut, mais moi, je suis persuadé qu'au contraire, il y a énormément de travail derrière son interprétation. Comme s'il avait ingurgité des tas de sensations, d'expériences, et qu'il les avait digérées. C'est ça que je dois réussir. Ça exactement. 

Retenir son nom.
Marlon Brando. »
- Philippe Besson | Vivre vite