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“Agis de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen.” Fondements, Emmanuel Kant

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"« Un ennemi est aussi utile qu’un Bouddha. » C’est bien cela. Car notre ennemi veille sur nous, il nous empêche de nous laisser aller. En signalant, en divulguant la moindre de nos défaillances, il nous conduit en ligne droite à notre salut, il met tout en œuvre pour que nous ne soyons pas indigne de l’idée qu’il s’est faite de nous. Aussi notre gratitude à son égard devrait-elle être sans bornes." De l'inconvénient d'être né, Emil Cioran
"ちりも積もれば山となる" Et il me parla de cerisiers, de poussières et d'une montagne, Antoine Paje
Rembrandt Van Rijn
Aristotle with a bust of Homer
"J'ai une note à écrire. Je n'insisterai pas. Il devient évident pour moi par ce que la table a dit ce soir comme en plusieurs autres occasions que le monde ténébreux ne veut pas se laisser forcer par lui-même. Quand la curiosité n'est autre chose qu'adoration devant Dieu et respect devant l'infini, ce monde sublime veut rester sublime et ne veut pas devenir exact, ou du moins, il veut que son exactitude ne nous apparaisse qu'énorme et confuse dans de prodigieuses échappées d'ombre et de lumière. Il veut être notre vision, et non notre science. Il veut garder pour notre œil la figure surprenante de l'impossible. Tout en multipliant les linéaments du réel. Il ne consent même pas à accepter, pour rendre ces points de vue humainement plus corrects, les faits scientifiquement acquis et les pénétrations de notre raison et de notre observation. En un mot, il veut que l'homme doute. C'est visiblement la loi et je m'y résigne." Le Livre des Tables, Victor Hugo
"Il y avait dans son visage quelque chose qui attirait irrésistiblement toutes les sympathies, ou pour mieux dire qui éveillait en celui qui la rencontrait une sympathie élevée, ennoblie. Il y a des visages qui ont ce bonheur. A côté d'elle chacun se sentait en quelque sorte mieux, plus à l'aise, plus au chaud, et cependant ses grands yeux tristes, pleins de feu et de force, avaient un regard craintif et inquiet, comme sous l'empire de la peur constante de quelque chose d'hostile et de menaçant, et cette étrange timidité couvrait parfois d'une telle mélancolie ses traits doux et calmes, qui évoquaient les lumineux visages des madones italiennes, qu'en la regardant on se sentait bientôt pris de la même tristesse que si son chagrin eût été aussi le vôtre. Ce visage pâle, amaigri, sur lequel, à travers l'irréprochable beauté des lignes pures et régulières et la mélancolique austérité d'une sourde détresse cachée, transparaissaient si souvent les traits radieux de la première enfance, image des confiantes années encore toutes proches et peut-être d'un candide bonheur  ; ce sourire calme mais incertain, hésitant - tout cela vous saisissait de tant d'intérêt spontané pour cette femme, que dans le cœur de chacun naissait involontairement une douce et chaude sollicitude, qui même à distance parlait haut pour elle et la rendait proche au plus indifférent. Mais la belle jeune femme paraissait taciturne, renfermée, bien qu'il n'y eût certes personnes de plus attentif et de plus aimant envers quiconque avait besoin de compassion. Il y a des femmes dans la vie qui sont comme des sœurs de charité. On peut devant elles ne rien cacher, du moins rien de ce qui fait mal et saigne dans l'âme. Celui qui souffre peut hardiment et avec espoir aller à elles, sans crainte d'être importun, car peu d'entre nous savent qu'il peut y avoir d'amour infiniment patient, de commisération et d'indulgence sans bornes dans certains cœurs féminins. D'immense trésor de sympathie, de consolation, d'espérances reposent dans ces cœurs purs, si souvent blessés eux aussi, car un cœur qui aime beaucoup souffre beaucoup, mais qui dissimulent soigneusement leur blessure aux regards indiscrets, car le chagrin profond le plus souvent se tait et se cache. Eux, la blessure des autre ne les rebute ni par sa profondeur, ni par sa suppuration, ni par sa puanteur : qui vient à eux, c'est qu'il en est digne ; ils sont comme nés pour le sacrifice... Mme M... était grande, souple et bien faite quoiqu'un peu mince. Tous ses mouvements étaient inégaux, tantôt lents, harmonieux et même non sans gravité, tantôt enfantinement prompts, et l'on sentait cependant dans ses gestes une sorte de douce humilité, quelque chose de palpitant et sans défense, qui ne demandait pourtant protection à personne." Un petit héros, Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski
"Pourquoi vous, poètes, parlez-vous toujours avec amour des roses et des papillons, et jamais des chardons, des champignons vénéneux, des crapauds, des limaces, des chenilles, des mouches, des vers, des acarus, des vermines, des infusoires, assurément ce sont là des êtres malheureux ; et les cailloux, et les coquillages donc ! Pourquoi ne parlez-vous pas des punaises ? Des puces ? Des poux ? Des scolopendres ? Des scorpions ? Des cancrelats ? Des cloportes ? Des crabes ? Des homards ? Des oies ?  Pourquoi ne plaignez-vous pas les tortures de l’infiniment petits ? Condamnés à être l'excrément de l’infiniment grand ? [...] Pourquoi plaignez-vous ce qui est gracieux dans la souffrance et ne plaignez-vous pas ce qui est difforme dans l'expiation ? Pourquoi avez-vous de la pitié pour la matière organisée et non pour la matière brute ? L'une et l'autre sont à plaindre ;" (24 avril 1854, Le Drame), Le Livre des Tables, Victor Hugo
"Je me suis demandé s'il n'était pas possible que les animaux vissent ce que nous ne voyons pas, et si ce n'était pas là une de leurs compensations. [...] Je me disais : l'homme pense, mais il ne voit pas, les animaux ne pensent pas, mais ils voient. C'est de cette façon que s'établit devant Dieu l'équilibre de l'incomplet. Ces chiens voient passer les spectres et les âmes et ils aboient. Pendant ce temps-là, nous sommes dans les ténèbres, et nous nous disons : pourquoi aboient-ils ? Ils voient le mystère, mais ils ne peuvent le comprendre ; nous pourrions peut-être le comprendre ; mais nous ne le voyons pas." (24 avril 1854, Victor Hugo au Drame) Le Livre des Tables, Victor Hugo
"Mais chose étrange, je ne sais quelle sensation que je ne pouvais comprendre s'emparait déjà de moi ; quelque chose remuait déjà dans mon cœur, qu'il n'avait encore jamais connu ni ressenti, mais qui le faisait par instants brûler et battre comme pris d'effroi, et une rougeur inattendue m'inondait fréquemment le visage. Il arrivait que je me sentisse honteux et même offensé des privilèges que me valait l'enfance. D'autre fois une sorte d'étonnement me subjuguait, et je me retirais quelque part où l'on ne pût me voir, comme pour me ressaisir et me remémorer quelque chose dont jusqu'alors, me semblait-il, je m'étais fort bien souvenu, que je venais soudainement d'oublier, et sans quoi je ne pouvais soudainement plus paraître nulle part, ni même continuer d'être." Un petit héros, Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Thomas Cole
The Voyage of life : Childhood
"- Maman, quelque chose pourrait nous faire du mal quand tu auras allumé la veilleuse ?
- Non mon trésor. Ce sont les yeux qu'une maman laisse près des enfants pour les garder quand elle s'en va.
- Maman, ce bal, tu dois vraiment y aller ?
- C'est vrai maman, tu n'es pas obligé d'y aller, papa peut bien y aller tout seul !
- Comment "tout seul" ? Vous père est un homme très courageux. Mais il aura besoin du baiser pour affronter ses collègues ce soir.
- Courageux, notre père ?
- Il n'y a pas qu'une forme de courage, il y en a de toutes sortes. D'abord, le courage de penser aux autres avant soi-même. Il est vrai que votre père n'a jamais brandit un sabre, ou tirer au pistolet, grâce au ciel. Mais il a fait bien des sacrifices pour sa famille, et mit de côté bien des rêves.
- Il les a mit où ?
- Rangés dans un tiroir. Et quelques fois, tard le soir, nous les ressortons, et nous les admirons. Mais il est chaque jour plus difficile de refermer le tiroir. Il le ferme. Et c'est pour cela qu'il est courageux." Peter Pan, Paul John Hogan
"Que la fosse pour moi s'ouvre dans le gazon,
Je vois sans peur la tombe aux ombres éternelles.

Car je sais que le corps y trouve une prison,
Mais que l'âme y trouve des ailes.
"
(10 février 1854, Molière) Le Livre des Tables, Victor Hugo
"Viendra-t-il un moment où le cœur sera libre ?
Où tout sera d'accord, viendra-t-il ce grand jour
Où, réconciliant notre âme et notre fibre,
La conscience humaine épousera l'amour ?

Le nocturne viol, le trahi qui se venge,
Le veuf qui va montrant le poing au firmament,
Est-ce l'amour lui-même, ou n'est-ce que la fange
Dont nous obscurcissons le divin diamant ?

L'amour est-il encor l'amour, sans frénésie ?
Sera-t-il aussi doux s'il n'a jamais frémi ?
Lâcheras-tu l'amour, ô noire jalousie
Qui du plus amoureux fais le pire ennemi ?

Eschyle, quel moyen de modérer les laves,
Etre aimé tout ensemble et libre, dis, comment ?
Il ne faut qu'un amour pour faire deux esclaves :
Lui, de sa jalousie ; elle, de son amant.

Pourrons-nous corriger sans le réduire en poudre
Ce grand frissonnement moral et sensuel,
Ce terrible bonheur fait d'un jet de la foudre
Et dont la splendeur sombre éclabousse le ciel ?

Ou bien, faut-il choisir ? Dis, faudra-t-il que l'homme
Abandonne l'amour s'il veut la liberté,
Et que ce sacrifice horrible se consomme,
Et qu'il foule à ses pieds son cœur ensanglanté ?

Vieux poète fatal affranchi par la tombe,
Dis-nous si sans mourir l'amour peut se calmer,
Et comment le vautour deviendra la colombe ;
Car nous voulons penser, mais nous voulons aimer.
"
(13 février 1854, Auguste Vacquerie à Eschyle) Le Livre des Tables, Victor Hugo
"La créature passe à travers la création comme l'oiseau à travers l'arbre, en se posant sur chaque branche. L'homme vole à travers l'infini en se posant sur chaque monde. Vous habitez un monde de souffrance et de châtiment ; nous habitons un astre de lumière et de récompense. L'homme en naissant dans votre vie vient expier un passé coupable et l'animal y vient expier un passé monstrueux. L'homme ignore sa faute et l'animal son crime. S'ils le savaient, ils seraient heureux." (27 décembre 1853, L'Ânesse de Balaam) Le Livre des Tables, Victor Hugo
"Qui nous dit que ce qui nous semble chimérique et monstrueux n'existe pas dans les profondeurs de l'infini et ne comporte pas quelque part une réalité vivante ? Nos rêves dans le sommeil sont des apparitions du possible." Le Livres des Tables, Victor Hugo
"- L'Europe t'attend. J'ai eu peur. Tu feras peur. Tu seras le cerveau, je le sens à ma couronne.
- Que veux-tu dire par là ? Entends-tu qu'il n'y a pas assez de cerveau sous ta couronne ?
- Non.
- Ou bien que le moment est venu où les peuples veulent être gouvernés par des cerveaux et non par des couronnes ?
- Oui." (13 septembre 1853, discussion avec Napoléon III), Le Livre des Tables, Victor Hugo
"Cela dit, l'important pour nous, aujourd'hui, est de comprendre où nous allons. Nous n'avons pas réussi à sauver l’environnement, à démocratiser la planète, ni à nourrir les pauvres, parce que pendant trop longtemps nous avons eu peur de manquer, et avons voulu dominer, avant de donner aux autres. [...] Nous ne vivons pas pour édifier des empires personnels, mais pour évoluer." La Prophétie des Andes, James Redfield
"Use ton corps à chercher ton âme." Le Livre des Tables, Victor Hugo
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